La vaccination se fait en 3 étapes:
1ère visite: dépistage sanguin + première injection.
2ème visite: 3 semaines après, 2 ème injection.
3ème visite: 3 semaines après, 3 ème injection.
La Leishmaniose Canine en France: Questions/réponses.
(Extraits, d’une conférence du Pr Gilles Bourdoiseau, de l’école vétérinaire de Lyon, 2011)
La maladie
La leishmaniose est une maladie présente autour du bassin méditerranéen et dans certaines régions d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Asie. On considère que 2.5 millions de chiens sont porteurs en zone concernée en Europe, soit (selon les régions) entre 1.5% et 30% des chiens qui seraient porteurs de la maladie. Par ailleurs des cas apparaissent dans des régions jusque-là indemnes, vers le Nord et l’Ouest.
Les chiens infectés constituent le réservoir (la réserve) de la Leishmaniose. Or la Leishmaniose est une zoonose, c’est-à-dire une maladie qui peut toucher des espèces différentes, et en l’occurrence l’homme. En France, les cas déclarés concernent généralement des personnes immunodéprimées, beaucoup plus sensibles à la maladie.
Le Phlébotome
La maladie est transmise obligatoirement par une sorte de moustique (ou moucheron) de petite taille, le Phlébotome, qui existe dans nos régions d’Avril à Novembre. En hiver, il est présent dans le sol à l’état de larve. Du printemps à l’automne, le Phlébotome est actif surtout en début de nuit, de 21 heures à 2h du matin, en moyenne, par ailleurs on peut le trouver aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur des maisons.
Lorsque le Phlébotome aspire du sang contaminé sur un chien, il lui faut 15 jours pour être capable de re-contaminer un autre chien ou un humain.
Pourquoi un chien tombe-t-il malade ?
Lorsque le Phlébotome, en se nourrissant du sang du chien, lui injecte la Leishmaniose, le système immunitaire du chien peut avoir 2 réactions différentes :
- Réaction efficace : l’organisme est capable de se défendre et de tuer le parasite avant qu’il ne colonise l’organisme.
- Réaction inefficace : l’organisme laisse passer le parasite qui va se disséminer en « voyageant à bord » de certains globules blancs, touchant alors différents organes : peau, rate, tube digestif, reins, muqueuses nasale et génitale… L’organisme produit alors des anticorps inefficaces en très grande quantité, la présence de ces anticorps permet de donner un diagnostic de leishmaniose par prise de sang.
Lorsque le parasite responsable de la leishmaniose est disséminé dans l’organisme, il reste plusieurs semaines ou mois silencieux, avant que n’apparaissent les symptômes de la maladie : c’est la phase asymptomatique. Lorsque les symptômes apparaissent, l’animal entre en phase symptomatique.
La capacité du chien à produire une réaction efficace contre le parasite n’est pas prévisible mais les animaux âgés, malades, fragilisés, ou les chiens de race Boxer ont plus de risque de voir se développer la maladie. Il est possible qu’un chien, au cours de sa vie, arrive plusieurs fois à se débarrasser du parasite, mais finisse un jour par le laisser passer… et tombe malade.
Comment la maladie passe-t-elle d’un chien à un autre ?
Il existe 4 voies de transmission de la Leishmaniose d’un chien à un autre :
- Le Phlébotome, s’il pique successivement les deux chiens,
- La voie vénérienne, lors de saillie entre un chien infecté et un chien sain,
- La voie « verticale », une chienne atteinte peut contaminer ses chiots,
- La transfusion.
En revanche entre le chien et l’homme, l’intervention du Phlébotome est indispensable, il est en effet impossible qu’un chien infesté contamine directement un humain. De ce fait, posséder un chien atteint de leishmaniose n’est pas dangereux, sauf pour des personnes immunodéprimées (en traitement de cancer, SIDA…).
Quels examens sont nécessaires au diagnostic ?
- Dépistage rapide : lorsqu’on suspecte la leishmaniose, le vétérinaire peut réaliser un dépistage rapide en clinique, en 20 minutes, à l’aide de quelques gouttes de sang.
- Sérologie : le diagnostic et le suivi nécessitent de suivre le taux d’anticorps, par prise de sang et en laboratoire spécialisé,
- Ponction des ganglions ou de la moelle osseuse : l’examen au microscope peut être nécessaire pour visualiser le parasite directement.
- Biochimie : le bilan biochimique, sur prise de sang, est indispensable au diagnostic et au suivi, car la leishmaniose peut atteindre notamment les reins. Lorsque les reins sont fragilisés, le traitement est plus difficile et le pronostic beaucoup plus sombre.
- Numération-formule : le comptage et l’analyse des globules rouges et blancs est important pour suivre le degré d’avancement et l’évolution de la maladie.
Quel traitement ?
La leishmaniose est traitée par deux médicaments. L’un est injecté par piqûres pendant plusieurs semaines, lors des crises, l’autre se présente sous forme de comprimés qui doivent être donnés à vie.
Au mieux, le traitement a pour but de faire régresser (ou d’empêcher d’apparaître) les symptômes physiques de la maladie, et de diminuer le nombre de parasites dans l’organisme. En revanche, même si le chien est « blanchi », selon l’expression autrefois consacrée, il est impossible que le parasite ne disparaisse de l’organisme. Il n’existe pas de guérison réelle, mais simplement une rémission clinique (c’est-à-dire une disparition des symptômes).
Un chien atteint de leishmaniose devra être suivi par prises de sang au moins 2 fois par an.
Comment agit le vaccin ?
Le vaccin contre la leishmaniose oriente et stimule la réaction immunitaire du chien : le chien augmente de 4 fois ses chances de produire une réaction immunitaire efficace et d’éliminer le parasite avant qu’il ne soit disséminé.
Par ailleurs, si un chien devait être contaminé malgré le vaccin, il est prouvé que la phase asymptomatique de la maladie serait beaucoup plus longue (le chien va résister plus longtemps, donc rester plus longtemps en bonne santé, avant de produire des symptômes).
Le vaccin a-t-il des effets secondaires ?
Dans 1 cas sur 10 environ, le chien peut produire des effets généraux légers (petite fièvre, apathie, anorexie) ou des effets locaux à l’endroit de la piqûre (boule, douleur). Durant toutes les études, aucune réaction grave n’a eu lieu, et les symptômes éventuels ont disparu en quelques jours.
Doit-on continuer à mettre des pipettes/colliers ?
Oui, mais de façon moins draconienne. Le vaccin permet de réduire le protocole de protection anti-parasitaire : d’Avril à Novembre, nous vous recommandons d’utiliser une fois par mois une pipette complète (puces-tiques-moustiques). Pendant l’hiver, une protection puces-tiques est suffisante (et indispensable) !
Comment ce vaccin a-t-il été élaboré ?
Pour les plus scientifiques, les études d’élaboration du vaccin sont disponibles à la clinique, n’hésitez pas à nous les demander si vous êtes intéressés.
Le rapport coût de la vaccination-protection/côut du depistage-traitement-suivi devient vite avantageux.